PPRE 2002
La technologie de l’information et l’apprentissage


Discussions


Séance 1 : Recherche sur l’état de la TIC et de l’apprentissage au Canada
 

Commentatrice :
Shannon Delbridge, Ministère de l’Éducation, Nouvelle-Écosse

Je remercie les conférencières et conférenciers d’avoir fait ressortir les recherches pertinentes entreprises actuellement au Canada et à l’étranger dans le domaine de l’usage et de l’efficacité de la TIC dans les établissements d’enseignement. D’un point de vue politique, j’ai trouvé les deux études instructives et pertinentes aux questions que nous nous posons de nos jours :

Si nous disposions d’un dollar de plus pour l’éducation, où devrait-il être investi — dans la technologie en classe ou dans d’autres domaines de besoin, comme l’adaptation scolaire? Si l’on choisit d’investir dans la technologie, les fonds devraient-ils servir à financer la formation du personnel enseignant ou l’infrastructure?

Le fait d’introduire davantage la technologie permet-il réellement d’améliorer le rendement des élèves? Le cas échéant, dans quelles circonstances et comment pourra-t-on l’évaluer?

Nos conférencières et conférenciers ont identifié divers travaux de recherche ayant été entrepris, mais ils ont bien souvent identifié des lacunes qui limitent notre capacité à reproduire ces travaux, telles qu’une conception et une méthodologie de recherche de piètre qualité, une tendance à effectuer des recherches qualitatives et un manque de rigueur.

En dépit de ces restrictions, certains thèmes apparaissent peu à peu — des orientations sur lesquelles peuvent commencer à s’appuyer les questions en matière de politique. Au cours des 10 à 15 dernières années, notre objectif principal a été de doter les salles de classe en ordinateurs — plus il y en a, mieux c’est.

Nous avons mis au point des mécanismes de mesure des résultats pour faire part de nos progrès aux parties intéressées. Le ratio ordinateur/élève est notre mesure de base. L’objectif semblait être un ratio de 1 pour 1 — un ordinateur par élève. Mais nous n’avons pas abordé la question de savoir comment ces ordinateurs étaient utilisés, en quelle année d’instruction et à quelle fin.

Il faut commencer à réfléchir à ces questions afin de préciser nos objectifs en matière de TIC pour l’avenir. Il faut maintenant se concentrer, non pas sur le nombre d’ordinateurs, mais sur la manière de les utiliser afin d’améliorer le rendement des élèves.

En écoutant nos conférencières et conférenciers aujourd’hui, trois variables d’influence se démarquent.

  1. La première est le rôle essentiel du personnel enseignant. Les deux études ont souligné que les ordinateurs ne remplacent pas le personnel enseignant qualifié et dévoué. En fait, sans enseignante ou enseignant qualifié, les ordinateurs ne seraient vraisemblablement pas des outils d’apprentissage valables.

    Si nous admettons qu’il est souhaitable que les salles de classe soient pourvues d’un équipement technologique, comment garantir que le personnel enseignant soit préparé adéquatement à l’intégrer à ses pratiques pédagogiques?

    Que peut-on faire pour l’aider à vaincre ses peurs relatives à l’utilisation de la technologie — comment crée-t-on un certain mérite pour l’enseignante ou l’enseignant, de telle sorte qu’il ou elle soit l’instigateur de l’impulsion de l’utilisation de la TIC en classe?

    Qu’en est-il de la volonté des enseignantes et enseignants de modifier la manière dont ils dispensent les programmes d’études — cela constitue-t-il un facteur d’importance majeure et si c’est le cas, que peut-on faire?

    Une des réponses nous ayant été données consistait à encourager le personnel enseignant à utiliser les ordinateurs pour son propre apprentissage — ceci pourrait permettre de vaincre ses inquiétudes et l’aider à considérer de manière plus concrète les applications informatiques pour l’apprentissage.

    J’ai trouvé qu’il était intéressant que le personnel enseignant préfère un modèle de «partage collégial» plutôt qu’un accès à une formation en cours d’emploi. J’aimerais en savoir plus sur les raisons de ses préférences — nous devons peut-être envisager de nouvelles manières de fournir un perfectionnement professionnel à nos enseignantes et enseignants dans d’autres disciplines également.

    Dans les travaux de recherche relatifs aux démarches en matière de perfectionnement professionnel du personnel enseignant, j’ai remarqué que la réussite était souvent évaluée en fonction de l’amélioration ou de la non-amélioration de l’apprentissage et du niveau de confort du personnel enseignant. La recherche va-t-elle plus loin en examinant de quelle manière l’apprentissage des élèves s’en trouve affecté?

  2. Un deuxième déterminant de réussite de l’intégration de la TIC a trait aux caractéristiques des élèves. Nous avons tendance à penser des ordinateurs qu’ils sont des outils de qualité pour tous les élèves. Les recherches ont abordé certains facteurs tels que l’âge et le sexe, mais je souhaiterais en apprendre davantage au sujet d’autres caractéristiques (qu’elles soient individuelles ou collectives) qui aident à déterminer la réussite. Par exemple, existe-t-il des facteurs socioéconomiques ou culturels dont nous devons tenir compte; qu’en est-il des élèves introvertis par rapport aux élèves extrovertis?


  3. À l’instar de toute démarche pédagogique, tout n’entre pas dans le même moule — nous savons que les styles d’apprentissage et les préférences en matière d’interaction varient — la recherche met-elle en lumière d’autres caractéristiques qui contribuent à des résultats positifs de l’utilisation de la TIC?

  4. Et troisièmement, comment structure-t-on le milieu d’apprentissage pour faciliter la réussite? Le rendement des élèves ne s’améliorera pas par le simple fait que des ordinateurs ont été installés en salles de classe. Quels sont donc les autres facteurs environnementaux dont nous devons tenir compte?

Deux études se sont penchées sur cette question, mais il faut entreprendre davantage de travaux si nous devons dépasser le stade de l’évaluation simple du ratio élève/ordinateur et chercher à améliorer les résultats des élèves. Si nous décidons de procéder à l’évaluation, nous devons également avoir connaissance des facteurs qu’il faut adapter si les résultats ne sont pas acceptables.

Je vous suis reconnaissante de m’avoir permis d’exprimer mes opinions d’un point de vue politique sur ces présentations. J’attends le plaisir de participer à nos discussions aujourd’hui et au cours des deux prochains jours. Je vous remercie.


Séance 2 : Intégration de la TIC dans l’enseignement

Table ronde

Nicole Lefebvre; Ministère de l’Éducation, Québec

Ayant participé au séminaire de l’OCDE, j’en suis à ma 3e journée de présentation d’états de situation et de résultats de recherche sur le sujet. Beaucoup de constats et de questions ont surgi dans ma tête pendant cette période. Ainsi, j’ai choisi de vous tracer le portrait du milieu scolaire québécois actuel afin de situer ma principale préoccupation dans son contexte.

Après la tenue d’États généraux sur l’éducation qui ont suscité un large débat social sur l’efficacité du système éducatif, le rapport Réaffirmer l’école (1997) a servi d’assises à l’énoncé de politique L’école tout un programme (1997), qui précise les grandes orientations de l’actuelle réforme des écoles primaires et secondaires.

Le ministère de l’Éducation a alors choisi d’initier cette vaste réforme notamment par l’élaboration et la mise en œuvre d’un nouveau programme de formation axé sur le développement de compétences centrées sur la démarche d’apprentissage de l’élève. Ce programme s’inscrit dans les courants occidentaux actuels de l’éducation en optant pour une perspective socio-constructiviste et en intégrant les plus récentes données de recherches dont celles de la psychologie cognitive de l’apprentissage.

La mise en œuvre de ce nouveau programme invite le personnel scolaire à relever des défis de taille dont notamment :

  • revoir et analyser de façon critique ses pratiques éducatives (délaisser le paradigme de l’enseignement pour celui de l’apprentissage c’est-à-dire, décentrer sa préoccupation absolue de «passer à travers le programme d’études» pour se centrer davantage sur l’observation et la compréhension du processus d’apprentissage des élèves);
  • repenser ses modes et ses fonctions d’évaluation des apprentissages;
  • revoir l’organisation scolaire, qui avec le temps en est venue à répondre trop souvent aux besoins du système, pour se recentrer sur les besoins réels des élèves. À titre d’exemple, l’instauration de cycle d’apprentissage de deux ans permet de mieux respecter le rythme d’apprentissage de l’élève et favorise les échanges entre les enseignants lors de la planification d’activités conjointes ou complémentaires et de l’évaluation des apprentissages;
  • ouvrir l’école sur son milieu par une participation accrue des parents à la vie de l’école;

et j’en passe.

Vous comprendrez ainsi, que ces nouvelles orientations qui visent À prendre le virage du succès, sont très exigeantes pour le personnel scolaire. Un solide programme de formation continue et la mise en place d’un réseau de soutien sont parmi les mesures à mettre en place pour accompagner le personnel scolaire dans son processus de changement.

Ainsi, mon questionnement est le suivant : dans un tel contexte de grand bouleversement du réseau scolaire, quelle place donner à l’utilisation des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage sans prendre le risque de créer une rupture dans le processus de changement initié dans le cadre de la réforme scolaire en cours. Où situer de façon judicieuse ce morceau dans l’immense casse-tête de la réforme éducative?

Et je terminerais en soulignant ma perception actuelle qui est de la nécessité de renforcer ou d’initier, et je précise dans un cadre bien défini, un partenariat entre le ministère de l’Éducation et les autres ministères qui partagent certaines préoccupations éducatives, avec les universités et pourquoi pas avec le secteur de l’entreprise privée qui doit partager certaines de nos responsabilités sociales.

 

 


Janice Sargant, Ministère de l’Éducation, de la Culture et du Travail, Territoires du Nord-Ouest

Comme nous le savons, le titre de cette séance est «L’intégration de la TIC dans l’enseignement». Ce sujet est aussi important pour le ministère de l’Éducation, de la Culture et du Travail des Territoires du Nord-Ouest que pour le reste du Canada. Il était important de présenter l’intégration de la TIC non seulement dans les classes du secondaire, mais également au niveau postsecondaire et à la formation du personnel enseignant.

Comme M. Robert Kozma l’a signalé hier soir, la TIC est notre catalyseur de changement. Dans chacune de nos instances, ces changements permettront de combler le fossé entre la théorie et la pratique en éducation.

Nous reconnaissons que l’intégration de la TIC est fondamentale et va de pair avec le maintien de la qualité de nos mandats éducatifs.

Selon M. Carl Cuneo et les co-auteurs de son étude, les recommandations en matière de politiques peuvent s’inscrire dans sept domaines distincts.

Selon M. Thierry Karsenti et les co-auteurs de son étude, et je cite de la page 19 «L’effort d’intégration des TIC n’aurait d’ailleurs d’intérêt que dans la mesure où elles améliorent la pédagogie en permettant à l’apprenant d’établir un meilleur rapport au savoir.»

Dans la troisième étude, M. Frédéric Legault et Mme Thérèse Laferrière discutent de l’importance du climat d’apprentissage de la classe qui peut encourager et faciliter l’engagement des élèves envers l’apprentissage.

En résumé, il semble que, et je souhaiterais utiliser une analogie financière, l’investissement dans la recherche sur l’intégration de la TIC doive produire un rendement conséquent. Ce rendement reviendrait à un engagement politique dans chacune de nos instances en vue d’optimiser les avantages de l’intégration de la TIC pour les élèves et le personnel éducatif.

Pour conclure, j’espère que nous serons tous en mesure de partager notre vécu et savoir au cours de ce colloque et que ceci nous permettra de collaborer davantage aujourd’hui et à l’avenir. Merci.


Séance 3 : Informatique et alphabétisation
Commentateur :
Michael Hayes, District scolaire de Saanich, Colombie-Britannique

Il est important que je vous donne le cadre de référence avec lequel j’aborde cette tâche et le contexte dans lequel je lis ces études. Je suis enseignant au primaire de métier et militant syndical et président de l’association des enseignantes et enseignants de ma région. Je crois au changement, mais pas au changement pour le changement. Le changement est un processus bidirectionnel — un amalgame constructif de processus en amont et en aval, qui se solde par un succès, principalement en présence de collaboration et de respect entre les groupes partenaires de l’éducation. Le changement systématique ne résulte pas de modifications intervenues dans les politiques, à moins que sa mise en œuvre ne s’appuie sur une planification, des ressources, et la participation du personnel enseignant au niveau de la classe. La formation préalable des enseignantes et enseignants, la formation en cours d’emploi et le perfectionnement professionnel ont grandement besoin d’être améliorés, afin de concentrer, d’insuffler de l’énergie et de renforcer l’autonomie de la profession enseignante, tout particulièrement dans le domaine de la technologie de l’information et des communications (TIC). Je ne suis pas, je l’admets, un chercheur, je ne fais donc presque pas allusion à la qualité ou à l’efficacité des recherches contenues dans ces études. Je me contenterai de dire que je les ai toutes deux appréciées et qu’à la fin de la journée, j’ai constaté que j’avais plus de questions que de réponses. Je voulais approfondir le sujet et en savoir plus et il s’agit sans aucun doute d’une bonne chose.

Le personnel enseignant et ses syndicats se méfient généralement des tests et évaluations de grande envergure. Il existe une crainte sous-jacente que ce qui est conçu comme une évaluation générale de l’efficacité et du rendement des programmes et du système peut aisément se transformer en une compétition dont les enjeux sont importants, les instances locales et provinciales étant plus intéressées par les chiffres que par des résultats probants. C’est ce qui s’est passé en Colombie-Britannique, où le Provincial Learning Assessment Program – PLAP – (programme provincial d’évaluation des apprentissages) est devenu la Foundation Skills Assessment (évaluation des aptitudes fondamentales) qui est devenue la pierre angulaire de l’obligation de rendre des comptes des écoles et des districts – certains disent qu’elle déterminera le nombre des décisions ministérielles à venir et des fonds qui les accompagnent. Je pense qu’il y a matière à s’en inquiéter et qu’il faut être un peu plus que méfiant.

C’est peut être pourquoi, j’ai tendance à mieux me situer par rapport à l’étude de M. John Morgan que par rapport à l’extraction magnifique des données du PISA à laquelle s’est livré M. Patrick Bussière. L’étude de Morgan me semble plus réelle…plus utile…plus tangible.

Cela étant dit, les conclusions de Bussière/Gluszynski indiquent que le rendement en lecture est corrélé à la fréquence et au confort de l’utilisation d’un ordinateur à la maison, ainsi qu’à l’accès à l’Internet et au nombre d’ordinateurs à la maison. Ces conclusions sont très révélatrices. La question avec laquelle je me débats depuis quelques semaines est : Qu’est ce que cela signifie? M. Bussière m’indique que les données n’indiquent pas forcément un lien causal, mais uniquement qu’il existe un lien positif. La question est donc : maintenant que nous avons connaissance de l’existence de ce lien, cela nous
aide-t-il à formuler les politiques ou à changer la pratique? Je dirais que non, mais il y a suffisamment de questions intrigantes soulevées ici pour indiquer clairement le besoin d’entreprendre davantage de recherches.

Par exemple, les données nous disent que le plaisir de lire est un bon moyen de prédire le rendement en lecture. Les enseignantes et enseignants sont nombreux à comprendre ce fait intuitivement et font beaucoup d’efforts pour inculquer cette vertu à leurs élèves. Les résultats du PISA suggèrent-ils que nous devrions essayer d’encourager un amour de la navigation sur Internet? Ou le lien entre l’usage de l’Internet et les aptitudes en lecture est-il plus vraisemblablement lié au type d’exercice de lecture utilisé dans le cadre du PISA, qui met l’emphase sur l’extraction de l’information et la corrélation — le même type de compétences nécessaires à une évaluation et une navigation rapides des pages Web?

Une utilisation fréquente de l’Internet entraîne-t-elle une meilleure appréciation de Shakespeare ou d’Atwood ou encore des compétences plus efficaces de création littéraire? Je pense qu’il est nécessaire d’approfondir les recherches.

Le lien positif entre le rendement en lecture et le nombre d’ordinateurs au foyer est-il peut-être plus fortement corrélé à des facteurs de statut socioéconomique que toute connexion directe entre l’aptitude en lecture et l’utilisation de l’ordinateur? Davantage de recherche, s’il vous plaît.

Si 70 à 80 p. 100 des élèves du Canada ont accès à l’Internet et/ou à un ordinateur à la maison, et si la fréquence de l’utilisation aide le rendement en lecture, devrions-nous examiner des façons d’encourager le personnel enseignant à intégrer l’usage de l’informatique dans les devoirs à la maison, les exercices en classe ou devrions-nous faire pression sur le gouvernement pour qu’il trouve le moyen de connecter les 20 à 30 p. 100 d’élèves restants? En tout cas, comment procédons-nous?

Tout dans la présentation Bussière/Gluszynski encourage fortement l’entreprise d’autres recherches. Il est clair que les données du PISA sont une véritable mine de possibilités pour la recherche et l’analyse. Le défi sera de poser les bonnes questions — des questions qui, quand on leur aura trouvé une réponse, informeront les politiques et/ou la pratique et feront progresser l’usage sur le continuum du changement constructif.

Le fait que je me méfie d’une évaluation et de statistiques de grande envergure est peut-être exactement pourquoi j’ai un certain penchant pour l’étude de Morgan. J’aime son travail en partie parce qu’il vient confirmer plusieurs de mes expériences et croyances concernant les défis auxquels le système éducatif public est confronté alors que nous tentons d’établir efficacement la technologie de l’information et des communications (TIC) en tant que partie intégrante et acceptée de la manière dont nous dispensons des services. Je ne suis pas un zélé de la TIC, mais la technologie est là pour durer. Le public (et surtout les politiciens) l’adorent. Par conséquent, si nous allons dépenser de l’argent, dépensons-le intelligemment.

Il est encourageant de voir un district scolaire entreprendre ce genre de recherche, qui clairement bénéficie de ce genre de travaux, et contribue au domaine de la recherche. Les budgets subissant d’incroyables pressions de part et d’autre, je suis certain qu’il était difficile de décider d’engager les rares ressources existantes dans ces travaux; mais il importe d’effectuer ce type de recherche et je félicite le district scolaire catholique de Toronto et son personnel de leurs efforts. S’il existe d’autres exemples de ce type d’initiatives de la part de districts scolaires, il faut trouver un moyen efficace d’y avoir accès et d’en partager les résultats.

Morgan et son équipe décrivent plusieurs préoccupations au sujet de la mise en œuvre de stratégies relatives à la TIC en soutien à l’apprentissage. Ces questions sont sans exception ou presque, connues du personnel enseignant intuitivement ou par expérience. Voici les problèmes passant pour tels dans la mise en œuvre de la TIC : trop peu de formation en cours d’emploi, trop peu de temps, les plans de mise en œuvre n’ont pas été pensés suffisamment, problèmes d’équipement et de logiciels, soutien technique inadéquat, personnel enseignant manquant d’enthousiasme et apprenantes et apprenants résistants. La liste est longue.

Ces défis sont réels et constituent un obstacle important à l’utilisation efficace de la TIC à l’école, à tous les échelons. Lorsque les ministères fixent les niveaux de financement et les districts scolaires élaborent les budgets, ils doivent tenir compte du fait que pour chaque dollar engagé envers la TIC, un autre dollar doit être investi dans la formation et le soutien technique. Les écoles doivent pouvoir bénéficier du temps et des ressources nécessaires à la mise en place de systèmes d’équipement cohérents et intégrés et le nombre de techniciens qualifiés sur place doit être suffisant pour garantir que l’équipement et les logiciels fonctionnent efficacement. La question de compatibilité de l’équipement et des logiciels est importante pour le personnel enseignant. Ce genre de frustration suffit, je pense, à dégoûter complètement les utilisatrices et utilisateurs récalcitrants.

La deuxième question d’importance majeure a trait aux obstacles liés à la formation et aux mentalités. Il est consternant de constater le peu de temps que nous, dans le domaine de l’éducation, accordons au perfectionnement de notre main-d’œuvre. Pouvez-vous imaginer Ford ou Honda demandant à leurs employés, après l’introduction d’une nouvelle ligne de produits, d’apprendre les nouvelles technologies sur leur temps personnel et de financer leur apprentissage principalement de leur propre poche? Achèteriez-vous une voiture assemblée par une main-d’œuvre forcée à apprendre sur le tas ou ayant reçu uniquement un méli-mélo de formations incohérentes, financées par son employeur? Lorsque les districts scolaires introduisent de nouveaux outils et de nouvelles attentes au milieu de travail, le temps et les ressources nécessaires à la formation doivent exister afin de pouvoir être mis en œuvre avec succès.

Cette étude présente d’autres informations importantes. Une de ses conclusions inhabituelles concerne la différence de perception de l’efficacité des programmes entre le personnel enseignant et les administratrices et administrateurs. Cette disparité n’existe-t-elle qu’avec ce logiciel en particulier ou existe-t-elle également dans d’autres domaines et stratégies d’intervention – même d’autres programmes, ressources et outils d’apprentissage? Cette différence est-elle réelle ou définie en fonction des rôles? S’agit-il d’une perception réelle ou d’une perception supposée? Ceci constitue un sujet valable pour d’autres recherches et il faut en tenir compte au moment de l’évaluation de l’efficacité des politiques.

L’étude a également mis en avant le fait perturbant qu’un nombre important d’enseignantes et d’enseignants du secondaire ne considère pas que l’enseignement de la lecture et de l’écriture fasse partie de leur travail. Ma propre expérience pourrait venir appuyer ce fait. Il s’agit d’une question qu’il faut aborder, par l’entremise de travaux de recherche, de la politique et de la pratique. Pour diverses raisons, un nombre plus important d’élèves ayant des difficultés en lecture et écriture arrivent dans nos écoles. Par le passé, ces enfants étaient peut-être passés à travers les filets, mais la nouvelle convergence sur la reddition des comptes rendra cela plus difficile. Pour la prochaine génération d’enseignantes et d’enseignants, cette question doit être abordée à l’aide d’une formation préalable à l’emploi. Pour celles et ceux qui sont déjà rentrés dans le système, il faudra qu’ils envisagent cette question sous un nouvel angle, avec l’aide de possibilités de perfectionnement professionnel et de formation en cours d’emploi. Il faudra également moins s’appuyer sur les tests de reddition des comptes comportant de grands enjeux, qui mettent l’accent sur l’apprentissage du contenu au détriment d’objectifs plus globaux. Les responsables de l’élaboration des politiques doivent déterminer s’ils sont prêts à s’écarter des anciens modèles d’évaluation de la transparence et à encourager la réussite de la totalité du personnel enseignant et des élèves.

S’il est dit de l’étude de Bussière/Gluszynski qu’elle identifie des problèmes importants nécessitant une analyse plus poussée et de vastes répercussions politiques, l’étude de Morgan peut donc être considérée comme étant une étude de petite échelle qui fait apparaître un certain nombre de problèmes de grande envergure. J’inclurais, par exemple, le besoin de ressources plus nombreuses de soutien aux initiatives en matière de TIC, une formation générale et spécifique en cours d’emploi pour le personnel enseignant, du temps de planification et de consultation, un soutien technique pour l’équipement et les logiciels, une formation préalable à l’emploi en matière de compétences et d’attitudes nécessaires pour garantir une réussite, ainsi qu’un financement adéquat pour le perfectionnement professionnel.

Ces deux études nous indiquent que nous devons cesser de croire que notre engagement envers la TIC s’arrête au moment de l’achat d’un ordinateur ou de l’installation d’un réseau. Nous devons comprendre ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Les technologies de l’information et des communications sont des outils — comme les manuels scolaires, les stylos-billes, les microfilms et les cassettes vidéos qui les ont précédées. Afin de pouvoir les utiliser correctement, nous ne devons pas abandonner le passé, mais nous préparer pour l’avenir à l’aide de politiques rationnelles, de financement adéquat et d’une pratique efficace, ancrée dans des recherches fiables.

 

Séance 4 : Questions d’équité
Commentatrice :
Britta Gundersen-Bryden; Ministère de l’Éducation, Colombie-Britannique

Dans leurs études et présentations, Mme Dianne Looker et M. Brad Corbett ont souligné plusieurs aspects curieux au sujet de l’écart numérique – ce qu’il est et n’est pas.

Ils ont soulevé la question de savoir «qui?» — qui a accès aux TIC (et qui n’y a pas accès) et «quel» genre de technologie est disponible et de l’utilisation qui en est faite. Ils ont parlé des endroits «où» elle était disponible — à l’école, au sein du foyer familial ou dans la communauté. Ils ont également mentionné la question du «quand», en examinant la rapidité à laquelle des écarts spécifiques ont été et continuent d’être comblés. Ils ont soulevé d’importantes questions au sujet de «pourquoi» il est important que les responsables des politiques abordent les questions d’équité et ils ont chacun offert des suggestions sur «comment» les défis en matière d’équité numérique pourraient être relevés.

Leur recherche a remis en question plusieurs hypothèses que les responsables des politiques pourraient être tentés d’assumer. Par exemple, de nombreux responsables de l’élaboration des politiques pensent peut-être qu’il existe toujours un écart numérique important selon le sexe. Mais l’étude de Looker montre que les filles (avec l’aide de leurs écoles et de leurs parents) ont comblé les fossés relatifs à l’accès, à l’instar des résultats récemment publiés du Programme d’indicateurs du rendement scolaire qui ont montré que les filles avaient comblé l’écart avec les garçons en mathématiques. L’étude de Corbett remet en cause l’hypothèse selon laquelle les personnes nouvellement arrivées au Canada ont moins d’affinités avec la TIC que celles qui habitent au Canada depuis plus longtemps.

Les études devraient inciter les responsables de l’élaboration des politiques à penser à un accès équitable non seulement aux ordinateurs eux-mêmes et à leurs rejetons, comme l’Internet, mais également à l’égalité de l’accès en matière d’instruction de qualité en TIC et de soutien technique, à divers programmes dont l’application est également pertinente en dehors de la salle de classe; à une prestation centralisée de services électroniques, tels que les relevés de notes des élèves et mêmes des examens sur ordinateur, à une protection égale contre celles et ceux qui pourraient utiliser la TIC pour exploiter les enfants.

Plusieurs autres questions à l’intention des responsables des politiques ayant une importance majeure ont découlé des présentations. Par exemple :

  • Jusqu’à quel point les gouvernements devraient-ils tenter de combler les écarts restants en matière d’équipement et de logiciels? Devrait-on plutôt se concentrer sur d’autres aspects de l’accès, y compris les questions d’équité? Et à quel prix?
  • De quelle manière les gouvernements fédéraux et provinciaux travailleront-ils de concert afin de combler l’écart numérique?
  • Quel serait le rôle du secteur privé?
  • Comment les diverses questions se rapportant aux TIC à des fins pédagogiques se situeront dans le contexte plus large du «cyber-gouvernement»?
  • Quel est le rôle du système d’éducation public dans le cadre de l’orientation ou même de la transformation des attitudes (par exemple, des filles envers la technologie?) Ou quel rôle devrait-il avoir?
  • Dans quelle mesure les évaluations internationales peuvent-elles mesurer le rendement en TIC, pas uniquement l’utilisation que disent en faire les intéressés et leurs attitudes?
  • Quel sera le degré de prépondérance — et de persuasion — de l’Internet à l’avenir?
  • De quelle manière les gouvernements fixeront-ils des normes pour les services éducatifs dispensés via l’Internet?
  • Quel rôle la TIC joue-t-elle non seulement dans le cadre de l’instruction mais également dans le cadre de l’évaluation de l’apprentissage des élèves?
  • En dernier lieu, étant donné la rapidité d’évolution du monde des technologies, sera-t-il possible d’atteindre une égalité d’accès, et le cas échéant, sera-il possible de maintenir l’égalité?

En d’autres termes, alors que l’accès à la technologie est un phénomène de plus en plus universel, les gouvernements devront porter leur attention sur les questions de qualité et des normes de façon à ce que les avantages pour l’éducation puissent profiter à toutes les apprenantes et tous les apprenants, ainsi qu’à la société.

 

Compte rendu des discussions en petits groupes

Amélioration de l’apprentissage
Comment recourir à la technologie de l’information et des communications (TIC) de façon qu’elle appuie le plus possible l’apprentissage à tous les niveaux?

Margaret Haughey, Université de l’Alberta

Nous pensons que des progrès ont été réalisés et nous constatons qu’il est important de dépasser l’idée d’enseigner les technologies, d’enseigner avec les technologies pour passer à l’enseignement au moyen des technologies. Cela représente le potentiel de changer l’espace et le temps, mais le défi le plus important réside dans l’utilisation pédagogique de la TIC. L’intégration de la TIC ne se rapporte pas à sa mise en œuvre, mais à l’amélioration de l’apprentissage. Les élèves l’utilisent déjà dans leur vie de tous les jours et nous devons les aider à améliorer leurs aptitudes critiques et d’évaluation. Certaines composantes déjà présentes dans le système éducatif, c.-à-d., les stratégies d’évaluation, entravent ou confinent ces nouvelles approches.

L’objectif est d’apprendre comment perfectionner l’utilisation de la technologie dans l’enseignement. Elle continuera de se développer à vive allure et nous devons intégrer la recherche, le développement et la mise en œuvre sans toutefois considérer ces éléments comme étant liés de façon linéaire.

Les enfants vivent dans un monde numérique; nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre motivation pour les écoles secondaires, en particulier pour les garçons. Nous devons faire de l’apprentissage une expérience «de rêve». Nous ne sommes pas partisans d’une démarche unique et devons plutôt garantir que le personnel enseignant et les apprenantes et apprenants conservent la diversité des styles d’enseignement et d’apprentissage qui existe aujourd’hui.

En ce qui a trait au perfectionnement professionnel, nous nous sommes demandés qu’allons-nous enseigner aux enseignantes et enseignants? Qui fera la classe au personnel enseignant? Comment allons-nous faire la classe aux enseignantes et enseignants? Nous avons souligné le fait que les élèves sont souvent des utilisateurs confirmés et des nouveaux modèles d’apprentissage pourraient être pris en compte dans le cadre du perfectionnement professionnel du personnel enseignant.

Au chapitre de la formation préalable, nous avons discuté d’un programme basé sur les ressources et de la manière dont il influence une utilisation adéquate de la TIC. Nous avons également mentionné que le personnel enseignant doit comprendre et donner l’exemple d’une bonne utilisation de la TIC. Nous avons identifié diverses stratégies, y compris l’établissement de liens entre les solutions possibles (y compris la TIC), les problèmes et les disciplines. Mais en fin de compte, nous sommes d’avis que la totalité des enseignantes et enseignants sont également des apprenantes et apprenants.

Questions et domaines de recherche :

  1. L’utilisation du modèle intégré pour la recherche
  2. La nécessité d’entreprendre des travaux continus dans les contextes actuels (faible motivation des élèves)
  3. Les compétences pour la vie (critique/évaluation)
  4. Les questions de perfectionnement professionnel
  5. La question du développement du corps enseignant.

 

Enseignement et technologie
Comment les nouvelles technologies de l’information peuvent-elles appuyer la pratique de l’enseignement?

Patrice de Broucker, Statistique Canada

  • Il faut entreprendre des recherches dans le domaine de l’intégration efficace de la technologie au programme d’études; aucun modèle n’existe pour ces recherches.

  • La technologie en tant que compétence fondamentale
    • Compétences générales à chaque niveau, les intégrer ensuite au programme d’études
    • «Navigateur du programme d’études»
    • Accès en ligne
    • Échantillonnage des expériences d’apprentissage au moyen de diverses stratégies
      • Activation
      • Acquisition
      • Chaque expérience reliée à un résultat
      • Une vraie démarche pédagogique
    • Dispenser une formation en fonction d’un modèle
    • Apprentissage professionnel en ligne
    • Ontario – les conseils et commissions scolaires ont décidé de créer un nouveau bulletin scolaire qui tient compte des compétences en technologie.

  • Interprétation de la TIC entre les disciplines
    • Formation du personnel enseignant en technologie dans le cadre de la formation qu’il reçoit dans la discipline qu’il enseigne.

  • Postsecondaire
    • Le programme d’éducation de l’Université Queen’s tente de pousser cette forme d’intégration
    • Perfectionnement professionnel du corps enseignant
    • Quel est l’objectif de la formation du personnel enseignant? Quelle serait l’expérience d’une enseignante ou d’un enseignant utilisant la TIC de manière efficace dans sa pratique pédagogique et son perfectionnement professionnel?
    • Le personnel enseignant veut connaître les outils avant de mettre en œuvre une nouvelle pédagogie.

  • Motivation
    • Questions ayant trait à la motivation (la TIC représente-t-elle un avantage?)
    • Découvrir l’utilisation de la technologie est important (prestation d’un perfectionnement professionnel à l’aide de la TIC)
    • La motivation des élèves entraîne la motivation du personnel enseignant.

  • Les administratrices ou administrateurs scolaires assument le rôle-clé de chefs de file
    • Créer un milieu dynamique
    • Intégrer la TIC au perfectionnement professionnel
    • Évolution du rôle des directrices et directeurs d’école.

    • Faculté d’éducation
    • Plus de temps en personne qu’en ligne
    • Quel est le nombre d’étudiantes et étudiants qui s’inscrivent aux facultés d’éducation et qui disposent de compétences technologiques (ceci n’est pas un préalable requis pour la plupart)
    • Renouvellement de l’agrément à chaque mise à jour des programmes scolaires
    • Formation préalable à l’emploi — agrément — s’assurer que la technologie fait pleinement partie du programme
    • Milieu protégé pendant la formation mais il est difficile, après avoir débuté sa carrière, de le maintenir lorsque les enseignantes et enseignants sont confrontés à toutes les autres questions qui émergent en salle de classe
    • L’appui de la communauté de l’apprentissage est nécessaire.

  • Quel est le pourcentage des enseignantes et enseignants qui disposent d’un ordinateur portable?

Qualité et efficacité
Comment mesurer le mieux possible l’efficacité de l’apprentissage s’appuyant sur la technologie?

Charles Ungerleider, Université de la Colombie-Britannique
Jerry Mussio, Statistique Canada

Enseignement et apprentissage

  • La TIC doit être définie et enseignée dans le contexte des objectifs généraux de l’éducation
  • La TIC ne modifie pas le contenu de l’apprentissage; elle modifie la manière dont ce contenu est appris
  • Nous devrions nous inspirer des expériences du personnel enseignant du Canada pour produire des hypothèses au sujet de la TIC et de l’apprentissage. À partir de cela, nous pouvons mettre à l’épreuve ces hypothèses et commencer à bâtir une base de connaissances quantitative.
  • Analyser l’utilisation de la TIC que font actuellement les élèves et utiliser ces expériences pour informer les orientations des écoles en matière de TIC.

Indicateurs et évaluation

  • Nous avons actuellement des ensembles de données très riches au Canada, peut-être parmi les meilleurs au monde. Par exemple, le PISA, l’EJET et l’Enquête nationale auprès de diplômés offrent des possibilités d’incorporation des indicateurs-clés sur la TIC qui peuvent être suivies de façon systématique au fil du temps.
  • Les évaluations de grande envergure comme le PISA, la SÉTIÉ et le PIRS, offrent de bonnes possibilités d’évaluation des compétences en TIC.
  • Des stratégies d’évaluation en classe devraient être fournies au personnel enseignant pour les aider à suivre les progrès des élèves en matière de TIC.

Questions-clés en matière de recherche

  • Que pouvons-nous obtenir de la TIC que nous ne pouvons obtenir maintenant grâce aux ressources dans les écoles?
  • De quelle manière la TIC peut-elle permettre d’améliorer l’efficacité de l’enseignement?
  • Est-ce qu’investir dans la TIC est le meilleur moyen d’améliorer l’apprentissage?
  • Comment les provinces peuvent-elles travailler ensemble pour améliorer l’apprentissage par la TIC dans les écoles?
  • De quelle façon les changements en milieu de travail, qui sont étroitement liés à la TIC, peuvent-ils influer sur l’intégration de la TIC dans les écoles?
  • Quel est l’impact de l’intégration de la TIC au sein du foyer familial et comment se compare-t-il à celui de l’intégration de la TIC dans les écoles?



Équité
Quels sont les enjeux en matière d’équité liés à la TIC et quelles en sont les répercussions sur l’enseignement et l’apprentissage?

E. Dianne Looker, Université Acadia

Questions en matière de politiques — Comment mesure-t-on l’équité de l’accès à la TIC et/ou ses avantages?

  • Suggestion : créer des initiatives fédérales et provinciales qui relient des contrats (pour le matériel pédagogique, les logiciels etc.) à la conformité à des lignes directrices en matière d’équité.

  • Besoin de formuler des objectifs en matière d’équité en éducation, à l’échelon provincial-territorial ainsi qu’au niveau fédéral – pour l’enseignement M-12 et postsecondaire.

  • Besoin de reconnaître que les obstacles culturels peuvent être exacerbés par la TIC – indique qu’il est nécessaire que les groupes de partenaires participent.

  • Besoin de reconnaître l’importance de fournir des initiatives ciblées sur les sous-groupes, qu’ils soient de petite taille ou dispersés ou non (pour eux, cela pourrait représenter une différence de taille).

  • Importance de coordonner les consultations entre le fédéral et les provinces et territoires, en particulier en ce qui a trait aux Autochtones (c.-à-d., ils sont sous la responsabilité du fédéral et sont très souvent exclus des consultations provinciales et territoriales).

  • Question : Quel est le lien entre l’accès à la TIC au sein du foyer familial et à l’école — et quel est le rôle des organismes publics par rapport à cette question?

Recherche – Quels sont les travaux de recherche dont nous avons besoin?

  • Les firmes privées effectuent des recherches très complètes à des fins de commercialisation. Il est très difficile d’y avoir accès. Est-il possible d’en élargir l’accès et/ou d’établir un centre d’échange?

  • Les contraintes légitimes imposées à la recherche par le code déontologique des trois Conseils limitent souvent l’information au sujet de certains groupes visés par des initiatives en matière d’équité (à savoir, des questions en matière d’origine raciale, de culture, de religion, etc.)

  • Les sujets qui méritent l’attention du milieu de la recherche sont les suivants :
    • Les inégalités liées à l’âge en matière de TIC (en particulier en ce qui a trait à l’apprentissage en ligne).
    • Le rôle du tutorat privé et des ressources pédagogiques commercialisées par le secteur privé.
    • La diversité des aptitudes et les manières dont différents types d’handicaps affectent l’utilisation de la TIC.
    • Les questions de langue et de culture – tout particulièrement la manière dont l’élargissement de l’accès à l’Internet au Canada les affectent.
    • Les effets négatifs associés à l’utilisation de la TIC (plutôt que d’en assumer les effet positifs).
    • Recherche sur les groupes autochtones qui ont d’un côté été exclus de nombreuses enquêtes de grande envergure et, d’un autre côté qui sont sur-étudiés.
    • Qui n’a pas accès à l’Internet à la maison et pourquoi?
    • Qui est exclu de la recherche?

  • Nécessité de mettre en place une méthodologie à plusieurs modèles. Les responsables de l’élaboration des politiques doivent reconnaître l’utilité des diverses recherches afin d’informer la recherche-action et la recherche qualitative, ainsi que les enquêtes de grande envergure et/ou la recherche expérimentale.

Apprentissage en ligne
Quelle est l’efficacité des cours dispensés en ligne ou par l’entremise d’autres outils technologiques?

Sandy Bellan, Ministère de l’Apprentissage, Alberta

Quelles sont les questions d’intérêt (possibilités et défis) autour de l’apprentissage en ligne?

  • Implications pour le rôle des parents
  • Transparence (la Colombie-Britannique aura des exigences strictes)
  • Rigueur du contenu des cours et des évaluations
  • Achèvement
  • Domaine en croissance dans certaines régions du pays
  • Possibilité de nouveaux matériels de cours
  • Touche davantage de gens
  • Défi posé par la compréhension de l’éventail des définitions («école virtuelle», «utilisation du courriel» etc.)
  • Recherche
  • Qu’est-ce que cela signifie dans le contexte de l’éducation publique (notre concept de l’éducation)?
  • À quel moment devons-nous présenter la TIC aux élèves (question de socialisation)?
  • Comment la rendre plus interactive (synchrone/asynchrone)?
  • Questions d’agrément, questions de correction (inquiétude au sujet de la déprofessionnalisation)
  • Perfectionnement professionnel pour l’enseignement en ligne
  • Intégration – utilisation du soutien en ligne
  • À qui ce type d’apprentissage est-il le mieux adapté?
  • Coût
  • Droit d’auteur – ressources numériques disponibles (modification pour l’éducation)
  • Qualité.


Les opinions exprimées dans les discussions sont celles des participantes et participants et ne représentent pas celles du Conseil des statistiques canadiennes de l’éducation.
     
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